« Étretat, par-delà les falaises : Courbet, Monet, Matisse »
Visite de l’exposition du musée des Beaux-arts de Lyon. Lundi 2 février et mercredi 4 février, avec les TTBEA et les TTCIC.
« Le monde aurait pu être simple comme le ciel et la mer ». André Malraux
Au cœur d’une semaine rythmée par la cadence du bac blanc, les élèves de terminale ont fait un pas de côté en s’offrant du temps pour s’immerger dans la superbe exposition du musée des Beaux-arts. Découvrant ce site naturel remarquable de Normandie, rendu plus époustouflant encore par le regard posé par les artistes depuis la fin du 18ème siècle, nous avons déambulé au milieu des œuvres, guidés par les médiatrices du musée. C’est aussi la naissance du tourisme, un art de vivre son temps libre, qui est présenté par les peintres. Ainsi notre thème du bac de français n’était jamais très éloigné, en embuscade derrière les couleurs somptueuses, ou les scènes pittoresques.
Pourquoi cette exposition est exceptionnelle ?
C’est exceptionnel car plusieurs tableaux du monde entier ont été réunis pour la première fois. Chacun de ces tableaux a une manière d’être peint différente mais c’est ça qui fait qu’ils sont exceptionnels ensemble.
Matis
Elle est exceptionnelle car les œuvres de Claude Monet et Gustave Courbet représentant Étretat sont réunies, en provenance du monde entier.
On peut contempler les essais puis admirer le chef d’œuvre qu’ont donné les croquis du début et leur évolution.
Beaucoup de ces œuvres sont des œuvres issues de collections privées, appartenant à des particuliers qui ont accepté de les prêter ou de les louer au musée, pour exposer au grand public les richesses artistiques qu’elles réservent.
C’est pour ça qu’on a qualifié cette exposition d’exceptionnelle, car toutes les œuvres sont regroupées en un seul lieu pour un court temps, afin de le partager avec un plus grand nombre de personnes.
Esteban
Cette exposition nous permet d’observer différents points de vue d’Etretat en Normandie à travers différentes visions.
N. G.
Comment est-on passé d’un village de pêcheurs à un site touristique ?
Grâce aux peintres, à la forme spécifique de la falaise, des portes créées par la mer salée qui tape contre la roche et la creuse. Egalement grâce à la beauté du paysage, de son histoire.
N.G.
Grâce aux artistes qui ont donné de la visibilité au site et puis grâce aux beaux paysages : les falaises, l’océan.
Matis
Comment les artistes ont peint ce site ?
1.Les touristes et leurs activités : Eugène Le Poittevin, Bains de mer à Étretat, 1866

On voit des hommes et des femmes qui se baignent dans l’eau de mer sur ordonnance médicale car l’eau de mer soigne, donc ils prenaient des petits bains de 15 minutes maximums.
Autrefois la mer inquiétait, elle était surtout crainte. Avec ces premiers touristes, la perception de la mer évolue.
Les femmes pour se baigner sont vêtues de longues robes foncées. Les hommes aiment regarder au loin l’horizon, attitude qui était prescrite pour ses bienfaits pour le corps et l’esprit.
N.G.
2. La plage : Eugène Le Poittevin, Les Bains de mer, plage d’Étretat, 1865


Sur la plage, les femmes se baignaient sur prescription médicale. Elles sont en robes longues, elles font de la couture, etc. Les enfants sont calmes, ne jouent pas. Il y avait des cabines pour se changer. Bronzer était mal vu car cela les rapprochaient des travailleurs. Les hommes et les femmes étaient très habillés lorsqu’ils se baignaient. Comparé à aujourd’hui, où nous nous habillons comme on le souhaite, on se baigne quand on veut, les enfants jouent et il n’y a plus de cabines pour se changer, ou très peu.
Matis
3. Gustave Courbet, La Vague, vers 1869-1870

Beaucoup de vues différentes, beaucoup de croquis, jusqu’à atteindre le chef d’œuvre. Nous avons pu comparer les premières toiles : les camaïeux et les ombres n’étaient pas parfaits, les impressions de grandeur, d’épaisseur et la perspective n’étaient pas très bien réalisées. Puis le quatrième tableau était plus soigneux et respectait les dégradés de bleu ainsi que la réalisation de la profondeur avec les représentations précises des ombres, ce qui crée un chef d’œuvre hors normes, admiré par de nombreux peintres, même modernes.
Esteban
4. Henri Matisse, Étretat, Les laveuses, 1920

Au premier abord, le tableau semble être peint par un enfant en fin de trimestre 3 de maternelle. Puis, en s’en rapprochant, on se rend compte de la supercherie émise par l’hypothèse qu’un enfant ait fait cette œuvre. C’est un tout nouveau style, une simplification du traitement du motif. Tout est simplifié : les couleurs, la profondeur et l’échelle du tableau, afin de reconnaître ce qui est représenté sans y ajouter des détails précis ou un visuel trop réaliste. On se rapproche de la peinture abstraite. Les détails sont flous. Néanmoins, on peut quand même apercevoir des laveuses du bord de la mer, et en arrière-plan, on peut observer une des portes emblématiques d’Étretat.
Esteban
5. Claude Monet, Etretat, l’Aiguille et la Porte d’Aval, 1885

L’œuvre de Claude Monet, Etretat, me plait beaucoup. Dans le tableau, on voit bien la montagne, la mer et le ciel colorés, ça m’inspire car c’est un endroit beau où on est déconnecté du monde.
Le bruit du vent, l’odeur de l’eau salée, le bruit de l’eau. Je passe un long moment à regarder le soleil en train de se coucher.
Moïse



Photo de Une : L’entrée immersive dans l’exposition
Photographies Emilie Molin
