Cette année à Cuzin, il y a du neuf. Les TBEE sont devenus POP, TBEA. Ils suivent un tronc commun en seconde et s’orientent progressivement. Que font donc ces élèves ?

La classe avec la complicité de Madame Djouani.

Qu’est-ce qui a bien pu motiver les élèves à venir en TBEA ?

Pour certains, la force des choses….

La filière n’était pas le premier choix de neuf élèves. Ils sont donc arrivés par « contrainte du dernier vœux », sont « tombés par hasard », d’ailleurs certains « ne connaissaient pas la filière ». Il faut dire qu’aucun ne fréquente quelqu’un du métier, qu’ils n’ont pas fait de mini-stage et ne sont pas venus aux portes ouvertes, la rentrée a été un peu brutale.

 

Dans la classe, trois élèves ne sont pas heureux de leur orientation mais n’ont pas tous la même attitude et les mêmes rêves d’avenir :

« Depuis le début de l’année, je ne travaille pas beaucoup et je ne suis pas très sage mais cela est dû à la filière dans laquelle je suis, je ne l’ai pas souhaitée et j’ai été mis dedans par hasard ». À 40 ans, il veut être « un plombier de qualité » et « être chef de travail ».

« Je voudrais m’orienter vers une entreprise d’électricité ». Même s’il ne sait pas quel métier il voudrait avoir à 40 ans, qu’il s’estime nul en maths, voudrait changer d’orientation, n’aime pas le cadre scolaire et en conséquence ne souhaite pas poursuivre ses études, il aime le travail sur logiciel et sait une chose : « je veux beaucoup d’argent. »

« J’essaye de m’accrocher pour faire une passerelle l’année prochaine » à 40 ans, il voudrait « faire du commercial ».

…….. En passe de devenir une orientation sereine

Les autres élèves sont plus optimistes, certains sont arrivés « par défaut »  mais l’un d’eux ajoute tout de suite : « j’ai découvert que c’était ce que je voulais faire ». En faisant bien le tour des tables, seuls deux élèves sur neuf ne trouvent pas encore leur compte dans leur orientation même si certains restent hésitants comme un jeune homme qui explique :

« J’apprends le métier d’assistant d’architecte et d’économiste, je ne connaissais pas mais cela commence à me plaire » et qui à 40 ans se voit éducateur sportif.

Qu’est-ce qui motive ceux qui n’avaient pas clairement construit une orientation ?

L’informatique d’abord ! Autocad en tête et Sketchup juste ensuite ! Les cours professionnels intéressent la grande majorité des élèves qui ne s’intéressent pas au métier …… magie technologique, bon coup de hasard, optimisme de la jeunesse ?

Oui mais avec des nuances :

« Bah, je préfère taper sur l’ordinateur que d’écrire. »

Pour la plupart des élèves de la classe l’orientation est motivée.

Ils ont fait des mini-stages, connaissaient Cuzin et Tony Garnier et sont pour certains venus aux portes ouvertes, sont allés au Mondial des métiers. Quelques élèves motivés connaissaient quelqu’un dans le métier, quelqu’un qui pouvait leur en parler. D’autres ont été aidés par leur collège. Ils ont choisi et obtenu leur orientation. Ils avaient tous déjà des envies.

« Ayant un CAP en menuiserie, j’ai toujours aimé les plans. J’avais deux options, technicien constructeur vendeur ou TBEA, j’ai choisi TBEA. »

« Je suis passionné d’architecture mais je ne voulais pas passer par la filière générale puis aller en école d’architecture. »

« J’ai fait un mini-stage de dessin de plans en entreprise et ça m’a plu. » L’orientation s’est faite « par passion ».

« Le métier d’assistant d’architecte était mon premier vœux »,

J’ai choisi « à cause de l’architecture et du bâtiment et les métiers qui les entourent. »

« Le métier d’économiste de la construction, c’était mon premier vœu. »

Qu’est-ce qui a plu à ces élèves depuis la rentrée ?

« J’aime le travail sur Autocard parce que l’on est autonome. »

« Tout me plaît, même si je rencontre parfois des difficultés. »

« Le dessin de plan, l’histoire de l’architecture et du métré, tout me plaît. »

« J’ai aimé faire des maisons en perspective avec de vraies mesures et j’aime bien travailler avec les logiciels parce que c’est mieux et plus facile. »

« Les travaux qui m’ont le plus plu c’est celui de la maison que l’on a dessinée en 3D sur Sketchup en enseignement professionnel et les plans en 2D sur Autocad. Les logiciels permettent de dessiner plus proprement et de se corriger plus facilement. »

« J’aime autant l’informatique que le dessin à la main, c’est juste que l’informatique est plus rapide et plus pratique. » « Ce qui m’a le plus plu depuis la rentrée ce sont les dessins sur ordinateur et la lecture de plans pour effectuer des métrages. »

« On ne fait pas assez de conception, de modélisation et de plans pour des maisons. »

Les élèves sont très motivés. Il n’est donc pas très étonnant que si certains ont du mal à chercher un stage, si certains sont encore un peu flottants, nombreux sont ceux qui savent dans quelles entreprises ils voudraient aller :

« Une entreprise d’architecture ou de construction de maison. »

« Chez un économiste de la construction. »

« Chez un architecte. »

À 40 ans, comment se voient les élèves ?

« Je rêve de faire architecte. »

« Constructeur de maisons. »

« Économiste de la construction à 25 et à 40 ans. »

« Footballeur ! Sinon économiste à 25 ans et propriétaire d’entreprise à 40 ans. »

« Quel métier ? Je ne sais pas, juste un métier où je suis épanoui et que j’aime. »

Pour y arriver, la poursuite d’études en BTS vient en premier.

Les élèves ont aussi envie de voyager pour découvrir d’autres manière de travailler, d’autres méthodes et parfois parce qu’ils pensent que la vie peut être plus facile ailleurs, au Canada par exemple.

Pour l’instant, se tracent des espaces de rêve sur les ordinateurs du premier étage et qui sait, un jour dans lesquels nous habiterons ?