En atelier théâtre cette année, nous avons présenté la pièce de Marilyn Mattéi, une jeune auteure, avec elle et Colin Rey, metteur en scène et comédien.  Une action contre la xénophobie à l’âge de l’adolescence.

Jules avec les enrichissements de Kévin, Larsene, Nathan, Carlos, Yvan, Kylliam, Lucas, David

Une pièce d’actualité

Mot de passe pour regarder la vidéo tournée par M. Crouzet : Mathias1ORTCCUZIN

 

 

Mathias ou l’itinéraire d’un enfant paumé parle d’un jeune adolescent de 14 ans qui découvre que ses parents, Paul et Eva ont accueilli un étranger de son âge appelé Amine. Ils ont juste oublié de lui dire qu’ils allaient le faire et veulent que Mathias partage sa chambre. Mathias n’est pas du tout d’accord avec cela. Il décide donc de s’enfermer dans sa chambre. Il a peur de l’inconnu, peur de perdre son identité et son entourage.

Tout au long de la pièce, ses parents font venir des gens pour convaincre Mathias d’ouvrir la porte : le médecin, la principale de son collège, le professeur de français, son ex-copine Leslie . Ces personnes tentent de le faire sortir et de remédier à son problème de xénophobie.

Racisme et xénophobie

Je trouve primordial de traiter la xénophobie au lycée et beaucoup de gens confondent la xénophobie et le racisme. Le racisme est une idéologie qui part du postulat (faux) de l’existence de races humaines et considère que certaines races seraient intrinsèquement supérieures à d’autres. La xénophobie (le mot vient du grec, xénos veut dire peur et phobie la peur, la méfiance) est la peur ou la méfiance de l’étranger (donc ce que l’on ne connaît pas). Mathias est xénophobe.  Pour moi c’est important de faire la différence parce que l’on ne va pas s’interroger sur une peur de la même manière que sur une idée.

Je trouve que l’on n’aborde pas assez ces thèmes au lycée ou c’est toujours de très vilains « autres » comme si aucun adolescent par ailleurs très sympathique n’était raciste ou xénophobe. Là, Mathias nous ressemble ce qui n’est pas très rassurant. Je trouve vraiment bien de traiter de tels sujets et en travaillant dessus j’ai beaucoup réfléchi.

Comment j’ai rencontré Marilyn ?

Elle est venue dans la salle de classe. Kylliam se souvient qu’il ne s’est pas du tout imaginé qu’elle avait écrit la pièce. La prof l’avait dit mais il n’avait pas entendu (elle l’avait bien dit plusieurs fois d’après elle mais bon). Quand il a compris, il a été très surpris. Cela faisait un moment qu’il discutait avec l’auteur ! Donc, l’auteur n’est pas en papier, elle est … une personne. Passé l’émotion, il a trouvé très bien de rencontrer l’auteur, pour poser des questions c’est plus pratique. Pour  Kyllian :

«  Elle a été très gentille et en plus elle nous a raconté comment elle a fait sa pièce, nous a aidés à la lire et nous a même aidés à apprendre nos rôles. »

 

Comment est née la pièce ?

 

Marilyn a imaginé et écrit cette pièce du début à la fin. Elle a répondu à une proposition de la compagnie Binôme. L’idée est de faire se rencontrer un scientifique et un auteur de théâtre autour du sujet que travaille le scientifique. En fonction de ce qu’a dit l’expert, l’auteur écrit une pièce courte qui peut être montée avec peu de comédiens .  Marilyn a rencontré E.M. Mouhoud qui est professeur d’économie dans une université à Paris, il a étudié les migrations. Son livre est au CDI. Après, Marilyn a écrit sa pièce, binôme l’a présentée à Avignon puis au début de la fête de la science à Paris et après il y a eu un débat avec des spécialistes.  Ensuite, et c’est là que c’est bien pour nous, Colin a monté la pièce à Lyon dans le cadre du festival Traces (c’est bien parce qu’il y avait une captation et on aime bien voir Colin capté). Colin pour les quelques personnes sur cette terre qui ne le connaissent pas encore, c’est le metteur en scène et comédien qui nous a déjà fait travailler le théâtre et qui est venu aussi cette année.

 

Mot de passe pour regarder la vidéo : binomeMM

On a beaucoup travaillé, on vous le dit

La pièce n’est pas du tout facile à comprendre parce que Mathias parle mal, il ne met pas les mots dans le bon ordre. Donc on a lu la pièce puis regardé la captation avec Colin, puis on a relu une fois. On comprenait déjà mieux. On a discuté en cours de français puis avec Colin et Marilyn pour comprendre les personnages et ce qui arrive à Mathias. Par exemple on a découvert qu’il existe des gens qui s’entrainent à survivre en cas de catastrophe et des gens qui ont des bunkers chez eux.  On n’y croyait pas trop, c’est « abusé » non ?

Colin a distribué les rôles et nous avons commencé à les travailler. On était tellement bons en fait que la prof nous a rajouté des bouts. A ce moment là, on s’est un peu mordu les doigts que la prof nous trouve bons, ensuite on s’est mis dans le texte et on a oublié de râler. On a appris le texte par cœur, on y est presque arrivé et on avait le droit de l’emmener sur scène (le doudou a dit la prof) même si Colin a répété en boucle que si on gardait le texte, on allait stresser et l’oublier.  Pour Kylliam :

 «  C’était compliqué, même aidés.  Certains avaient plus de texte que d’autres, on pouvait s’emmêler les pinceaux. En plus, on était en groupe, on n’arrivait pas à se prendre au sérieux. C’était difficile de se prendre pour le personnage à jouer. Mais on a tout de même réussi à faire cette pièce. »

Et on a eu le trac aussi

La représentation devant un public, les ORGO l’avaient déjà fait mais pas les TCB, ils n’en menaient pas large. David est même venu ce jour là par hasard, il avait complètement oublié la représentation et il l’a fait ! Certains étaient sûrs d’eux (c’est ce qu’il disent maintenant) et d’autres trop occupés à répéter pour s’occuper d’autre chose.  Et puis tout le monde s’est acharné à nous faire passer le trac.

Le ventre !

D’abord on a petit déjeuner, les viennoiseries du boulanger de Caluire, c’est vraiment bien. Ensuite on a goûter : LE LUXE ! Jus de fruits, ENORME gâteau au chocolat fait maison et encore chaud. On vous le dit à longueur d’articles mais la cantine est tout simplement merveilleusement bonne et gentille et tout et tout. De vraies stars dorlotées comme des stars, on était de bonne humeur.

Le public

On (la prof) nous avait dit, « non il n’y aura pas de monde, on ne sait pas vraiment.. ». Elle n’est pas fiable la salle était pleine, un monde ! Le proviseur, la proviseure adjointe, le CPE, la dame du CDI, les profs (même ceux que l’on ne connaît pas), et des élèves qu’on ne connaît pas non plus. Il y avait surtout les 1TEMSEC qui ont travaillé aussi la pièce mais l’ont enregistrée comme une pièce radiophonique. On a eu re-le trac. Heureusement, les CAP ont commencé avant nous. Ils ont mis en voix le conte d’Amadou Hampaté Bâ La querelle des deux lézards. C’est très agréable d’être spectateur, franchement, on a bien aimé ce conte et les élèves étaient très bons. On voyait que ce n’était pas facile. On aimerait bien apprendre à faire aussi bien les cris de coqs qu’on égorge et on a aimé qu’il y ait de la musique en direct.

 

On l’a fait

Il a fallu adapter les déplacements au foyer. Les Mathias se sont enfermés derrière le rideau du bar. C’était rigolo, on pouvait hurler, on n’est pas sûrs que tout le monde entendait bien mais on a vraiment hurlé. Colin et Marilyn ont assuré : ils ont fait des parties et surtout les souffleurs quand on en avait besoin. Très peu, très très peu. On a l’impression qu’on aurait pu être meilleurs mais qu’on était bien meilleurs que l’an dernier. Tous.  Faudrait demander au public. Donc vous pouvez regarder la vidéo et nous envoyer un message, on le publie.

A l’an prochain pour de nouvelles aventures.